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La martingale à la roulette : pourquoi la limite de table finit toujours par la casser

Rédaction GamblingSources Mis à jour le

La martingale gagne souvent un petit montant et perd rarement un gros. Sur une chance simple d'une roue à un zéro, la probabilité de perdre un tour est de 19/37. Avec une mise de base de 5 $ et une limite de table de 500 $, prise ici comme exemple, sept pertes de suite bloquent la progression avec 635 $ de perte. Cela arrive moins d'une fois sur 100 séries, mais l'espérance reste négative.

La martingale à la roulette : pourquoi la limite de table finit toujours par la casser
Probabilité de perdre un tour
19/37 ≈ 51,35 % sur une chance simple, roue à un zéro — calcul de la rédaction
Sept pertes de suite
(19/37)^7 ≈ 0,94 %, environ 1 série sur 106 — calcul de la rédaction
Capital pour tenir 10 pertes
5 115 $ pour gagner 5 $ — calcul de la rédaction
Limites de mise
Minimum et maximum affichés à chaque table — Loto-Québec
Espérance par série, limite d'exemple 500 $
Environ −1,03 $, soit 1/37 des 37,97 $ misés en moyenne — calcul de la rédaction
Stations de cette page 7 arrêts
  1. Le principe : doubler jusqu'au premier gain
  2. La probabilité d'une série perdante
  3. Le capital requis pour gagner 5 $
  4. La limite de table coupe la progression
  5. L'espérance ne change pas : le calcul série par série
  6. Baisser la base ou changer de roue ne sauve pas le système
  7. Ce que la martingale fait vraiment au jeu

Le principe : doubler jusqu'au premier gain

La martingale classique se joue sur une chance simple : rouge ou noir, pair ou impair, manque ou passe. Ces mises paient 1 pour 1, comme le rappellent les règles de la roulette des casinos de Loto-Québec. Le joueur mise une base, par exemple 5 $. S'il perd, il double : 10 $, puis 20 $, puis 40 $, et ainsi de suite. Au premier gain, il récupère toutes les pertes de la série et empoche 5 $, puis recommence à 5 $.

Le calcul est exact : après n pertes, le joueur a perdu 5 × (2^n − 1) $, et la mise suivante vaut 5 × 2^n $. Si elle gagne, elle rapporte 5 × 2^n $, soit les pertes accumulées plus 5 $. Chaque série gagnée rapporte donc toujours la même somme, la mise de base. C'est ce qui donne l'impression d'un système qui ne perd pas.

La probabilité d'une série perdante

Sur une roue à un zéro, comme celle de la roulette européenne ou française décrite par Evolution, il y a 37 cases. Une mise sur le rouge gagne sur 18 cases et perd sur 19, zéro compris. La probabilité de perdre un tour est 19/37 ≈ 51,35 %. Les tours étant indépendants, la probabilité de perdre n tours d'affilée est (19/37)^n.

Le tableau suivant donne cette probabilité pour n = 5 à 10, avec une base de 5 $, la somme perdue après n pertes et la mise qu'il faudrait placer ensuite.

Pertes de suite (n)Probabilité (19/37)^nEnviron une série surPerte cumuléeMise suivante nécessaire
53,57 %28155 $160 $
61,83 %55315 $320 $
70,94 %106635 $640 $
80,48 %2071 275 $1 280 $
90,25 %4032 555 $2 560 $
100,13 %7845 115 $5 120 $

Ces probabilités paraissent faibles prises une à une. Mais un joueur ne joue pas une seule série : il en enchaîne des dizaines, et chaque série est une nouvelle chance de tomber sur la mauvaise. La question utile n'est pas « quelle est la probabilité de perdre sept fois de suite? », mais « quelle est la probabilité que cela m'arrive au moins une fois pendant que je joue? ».

Le capital requis pour gagner 5 $

La dernière colonne du tableau montre la deuxième faiblesse du système. Pour tenir dix pertes d'affilée et pouvoir placer la onzième mise, il faut disposer de 5 115 $ + 5 120 $ = 10 235 $. Tout cela pour gagner, à la fin de la série, 5 $. Le rapport entre ce qui est engagé et ce qui peut être gagné grandit à chaque tour : il double.

Le joueur qui fixe son capital à 635 $ peut tenir six pertes et placer la septième mise de 320 $. Si celle-ci perd aussi, il ne lui reste rien pour la huitième, de 640 $. Avec un capital limité, la martingale n'élimine pas la perte : elle la regroupe en un seul coup rare et lourd.

La limite de table coupe la progression

Même avec un capital illimité, la table impose un plafond. Loto-Québec indique sur sa page de la roulette au Casino de Montréal que les limites de mise sont affichées à la table, et ses règles précisent que les mises doivent respecter les minimums et maximums indiqués. En ligne, la mise maximale figure dans les règles ou l'écran d'information de chaque table.

Prenons comme exemple une table dont la mise maximale sur une chance simple serait de 500 $. Ce chiffre est une hypothèse de calcul, pas la limite d'une table précise. La progression 5, 10, 20, 40, 80, 160, 320 $ passe; la mise suivante, 640 $, dépasse le plafond. Après sept pertes de suite, le joueur ne peut plus doubler. La série s'arrête sur une perte de 635 $.

Sur une série, cela se produit avec une probabilité de 0,94 %. Sur plusieurs séries, le risque s'accumule :

  • sur 50 séries : 1 − (1 − 0,0094)^50 ≈ 37,7 % de risque de buter au moins une fois sur la limite;
  • sur 100 séries : 1 − (1 − 0,0094)^100 ≈ 61,2 %.

Or 100 séries gagnées rapportent 100 × 5 $ = 500 $. Un seul échec en coûte 635 $. Le joueur qui vise 500 $ de gain par cette méthode a donc plus d'une chance sur deux de rencontrer en route la série qui efface tout son gain, et même un peu plus.

L'espérance ne change pas : le calcul série par série

On peut vérifier que la martingale ne change rien à l'avantage de la maison. Avec la limite d'exemple à 500 $, une série se termine de deux façons :

  • un gain de 5 $, avec une probabilité de 1 − 0,00942 ≈ 99,06 %;
  • une perte de 635 $, avec une probabilité de 0,94 %.

L'espérance par série vaut 5 × 0,99058 − 635 × 0,00942 ≈ 4,95 − 5,98 = −1,03 $. Elle est négative. Elle correspond exactement à 1/37 de la somme misée en moyenne pendant une série, soit environ 37,97 $ (5 $ × 1 + 10 $ × 19/37 + 20 $ × (19/37)² + … jusqu'à la septième mise) : la martingale ne fait que redistribuer les résultats dans le temps, beaucoup de petits gains et de rares grosses pertes, sans toucher au 2,70 % que prélève chaque tour d'une roue à un zéro.

Baisser la base ou changer de roue ne sauve pas le système

Une parade souvent proposée consiste à partir de plus bas pour gagner des tours. Avec une base de 1 $ et la même limite d'exemple de 500 $, la progression 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256 $ passe; la dixième mise, 512 $, est refusée. Il faut donc neuf pertes de suite pour casser la série, ce qui arrive avec une probabilité de (19/37)^9 ≈ 0,25 %. La perte est alors de 511 $, pour un gain de 1 $ par série réussie. L'espérance par série vaut 1 × 0,99752 − 511 × 0,00248 ≈ −0,27 $, toujours négative.

Et l'objectif recule d'autant : pour gagner 500 $, il faut maintenant 500 séries réussies. La probabilité de buter au moins une fois sur la limite pendant ces 500 séries est de 1 − (1 − 0,00248)^500 ≈ 71,1 %, plus élevée qu'avec une base de 5 $. Réduire la mise de base rend chaque échec plus rare, mais oblige à jouer beaucoup plus longtemps pour le même gain visé.

Sur une roue américaine, le calcul se dégrade. Avec 38 cases, une chance simple perd sur 20 d'entre elles, zéro et double zéro compris. Sept pertes de suite arrivent avec une probabilité de (20/38)^7 ≈ 1,12 %, environ une série sur 89 au lieu d'une sur 106, et chaque tour coûte 2/38 de la mise au lieu de 1/37.

Aucune progression de mises ne peut changer ce résultat, puisque chaque tour est indépendant du précédent et que chacun a la même espérance négative. La somme d'espérances négatives reste négative, quelle que soit la taille des mises choisies à chaque tour.

Ce que la martingale fait vraiment au jeu

Le système a un effet réel, mais il n'est pas financier : il pousse à miser de plus en plus après chaque perte. C'est la mécanique de la poursuite des pertes, appliquée méthodiquement. À la septième perte, le joueur mise 64 fois sa mise de départ pour récupérer des pertes, pas pour se divertir.

Si cette logique de « se refaire » s'installe, la ligne Jeu : aide et référence, gratuite et confidentielle, répond 24 heures sur 24 au 1-800-461-0140 (aidejeu.ca). D'autres ressources sont réunies sur notre page jeu responsable. Pour qui joue malgré tout, une mise fixe et un budget arrêté avant de commencer gardent le même coût par dollar misé, 1/37, sans la série catastrophique au bout. Les tables avec croupier et leurs règles sont présentées sur notre page casino en direct au Canada.

Questions fréquentes

La martingale fonctionne-t-elle à la roulette ?

Elle gagne souvent de petites sommes et perd rarement de grosses. Avec une base de 5 $ et une limite d'exemple à 500 $, une série sur 106 environ finit par une perte de 635 $. L'espérance reste négative, comme pour toute mise à la roulette.

Quelle est la probabilité de perdre 10 fois de suite sur le rouge ?

Sur une roue à un zéro, (19/37)^10 ≈ 0,13 %, soit environ une série sur 784. Avec une base de 5 $, la perte cumulée atteint alors 5 115 $.

Pourquoi la limite de table bloque-t-elle la martingale ?

Parce que la mise double à chaque perte. Avec une base de 5 $, la huitième mise vaut 640 $ : une table plafonnée à 500 $ ne l'accepte pas, et la série s'arrête sur une perte de 635 $.

Un capital illimité rendrait-il la martingale gagnante ?

Non. Les limites de table empêchent de doubler indéfiniment, et chaque tour garde la même espérance négative de 1/37 sur une roue à un zéro. Aucune progression ne transforme une somme d'espérances négatives en gain.

Sources

  1. Game Rules — Roulette — Casinos du Québec (Loto-Québec)
  2. Roulette — Casino de Montréal (Loto-Québec)
  3. Live Roulette — Evolution
  4. Ligne Jeu : aide et référence — aidejeu.ca

Préparé par la rédaction de GamblingSources à partir des sources ci-dessus. Information générale, pas un avis juridique, fiscal ou financier. Une erreur? Écrivez à [email protected]. Aide : Jeu : aide et référence, 1-800-461-0140.

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